"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')

mercredi 29 septembre 2010

"Les amours imaginaires" (c'est un film).


J’ai vu aujourd’hui un film québécois qui me faisait bien envie, après avoir lu un peu partout des articles dithyrambiques : Le Monde, Libération, Télérama.

Ce film s’intitule « Les amours imaginaires » et a été réalisé par un très jeune cinéaste de 22 ans, Xavier Dolan. Ce jeune homme est si précoce qu’il a déjà présenté l’année dernière un autre film « J’ai tué ma mère », déjà salué au festival de Cannes.

Je suis déçu, intrigué et exaspéré par le film que j’ai vu aujourd’hui. La critique est en extase et, pourtant, il y aurait tant à redire à propos de ces 90 minutes de cinéma. L’histoire tient sur un « post-it ». Ce n’est pas un défaut. Beaucoup de grands films reposent sur des scénarios succincts. Il s’agit d’un triangle amoureux : deux amis, un garçon et une fille, sont amoureux chacun à leur façon d’un garçon insaisissable et d’une beauté inaccessible. Ça se termine mal, forcément. Pas pour le joli garçon, mais pour les deux autres.

Seulement voilà, partant de ce postulat, le réalisateur Xavier Dolan (également acteur de son film) nous propose une œuvre maniérée, photographiquement élaborée, mais un peu vide de substance.

C’est agréable à regarder, comme un catalogue de mode car ce petit monde est esthétiquement magnifique. Mais l’ensemble est éthéré, à l’image de ces ralentis incessants qui soulignent inutilement les moments « forts » d’une intrigue bien molle.

Ces garçons et ces filles, habillés très tendance et babillant avec un accent québécois délicieux (sous-titré pour les passages les plus obscurs) ne sont pas une mauvaise compagnie. Mais, au bout d’un certain temps (disons à la moitié du film), on commence à s’ennuyer ferme.

Si j’étais cruel, je dirais que « Les amours imaginaires » pourrait être un film français. Mais ce serait trop sévère. C’est quand même moins nul qu’un film français.

De l'usage de Facebook


CHRONOPHAGE

Je pratique Facebook depuis environ 3 ans. Je dois avouer qui j’y passe beaucoup trop de temps. Au total, si je suis honnête avec moi-même et en tenant compte de l’usage par iPhone, je passe en moyenne deux heures par jour sur Facebook, sachant que l’usage peut être combiné parallèlement avec d’autres activités sur Internet. Mais ce réseau social est chronophage et addictif .

AMIS ET AMIS

J’avais le mois dernier 694 « amis ». Ce sont des amis réels ou virtuels. J’ai fait le décompte : sur le 694 inscrits comme « amis », je n’en connais vraiment physiquement que 256. J’ai fait un tri : j’ai éliminé les inconnus amorphes, les crétins radoteurs et les idéologues que j’avais admis par erreur dans mes « friends » ainsi que deux ou trois personnes un peu « collantes ».

AU QUOTIDIEN

Je mets presque tous les jours un « statut » qui est quelquefois un commentaire sur l’actualité, ou bien une réflexion sur l’air du temps ou encore un résumé de mes activités en cours (en étant très allusif). Très souvent sur Facebook, je laisse des liens avec des articles de sites d’info qui m’ont intéressé. Je ne laisse que très rarement des liens avec des vidéos. Je déteste certains gadgets disponibles sur Facebook du genre « envoyer un baiser, un cœur, etc » Je rejette aussi toute participation à des concours de listes (vos chanteurs préférés, vos films préférés) et toutes ces choses de potaches.

PARTAGE DE PHOTOS

Je mets aussi très régulièrement des photos personnelles sur mon « mur » (photos prises dans la rue ou en voyage). Je pense à ce sujet que Facebook est un très bon outil de partage des photos, beaucoup plus pratique que Flickr par exemple, même si sur Facebook on ne peut pas mettre de grandes photos.

MES DÉPLACEMENTS

J’interviens aussi sur Facebook avec mon Iphone. Comme je prends très souvent le train à travers la France, l’une de mes petites manies est d’indiquer l’évolution de mon voyage, en particulier les éventuels retards. Ces notations ferroviaires amusent beaucoup certains de mes « friends » qui les commentent souvent. Il y a quelques mois, mon TGV avait été heurté par des sangliers et bloqué en rase campagne. Je l’avais immédiatement signalé sur Facebook. Cela m’a valu une avalanche de commentaires assez rigolos. C’est ce qui me plait à propos de ce système : savoir ce que fait telle ou telle de ses connaissances. Cela n’a de sens que pour des personnes que l’on connaît vraiment (les « friends » inconnus, ce qui leur arrive, je m’en fous). Pouvoir les localiser, connaître leur humeur du jour. Ce type d’information très infime ne justifierait pas un mail ou un appel téléphonique. Mais en quelques mots, sur Facebook, on donne de ses nouvelles à une grande quantité de gens que l’on connaît de près ou de loin. Et on en reçoit de la même manière.

PAS ADEPTE DU « CHAT » EN DIRECT

Il y a une option de Facebook que je n’utilise presque jamais : c’est le « chat » en direct. La principale raison, c’est que je ne tiens pas à faire savoir que je suis connecté à Facebook à ce moment-là, surtout si c’est à une heure bizarre. Je fais parfois une rapide incursion sur la liste des personnes connectées sur le « chat ». Je ne reste que si je trouve un interlocuteur qui habite loin à l’étranger. Le décalage horaire, à ce moment-là, me semble une bonne motivation pour dialoguer sur le « chat ».

LA FIN DE L’E-MAIL ?

Je m’aperçois que je ne communique désormais plus que par Facebook avec certains de mes vrais amis. Je leur envoie des « messages personnels » sur Facebook et ils me répondent de la même manière, tout simplement parce que je possède pas leur e-mail ou que j’ai la flemme de les rechercher ou vérifier. Pour ces quelques personnes, Facebook a remplacé l’e-mail classique.

LE « POKE »

Je pratique de manière passive la fonction « poke ». Je reçois tous les jours des « pokes » de 5 ou 6 personnes (que je connais personnellement). C’est une façon de dire « coucou » et rien de plus. Je réponds toujours aux « pokes » que je reçois par un renvoi de poke.

CONFIDENTIALITÉ

Je ne fais pas de parano mais je suis prudent. Je fais toujours très attention à ce que j’écris sur Facebook à propos de ma vie personnelle et de ma vie professionnelle. Aucune mention du boulot (les conflits, les problèmes, les collègues, les chefs) et rien de précis sur la vie privée (surtout en ce qui concerne le sexe !). Aucune des photos que j’ai mises en ligne ne peut faire polémique et ne pourrait, à mon avis, me poursuivre plus tard. Je n’ai jamais vu de photos embarrassantes me représentant et ayant été postées par d’autres participants à Facebook.

LES BONS CÔTÉS

Facebook m’a permis de renouer avec 5 ou 6 personnes que j’avais perdues de vue et que j’ai revues en chair et en os, grâce à Facebook. Toujours grâce à Facebook, j’ai pu entrer en contact avec 3 ou 4 personnes que j’avais envie de rencontrer dans mon milieu professionnel. Le fait que nous soyons « friend » sur Facebook a permis des rencontres. Cela, dans certains cas, a débouché sur une relation suivie, entretenue par les notules régulières dispensées par Facebook.

HUMOUR

Facebook est un système ludique et malléable. Je n’utilise pas toutes les fonctions, seulement celles qui me sont utiles, souvent les plus simples. J’y trouve beaucoup d’humour car mon panel de « friends » connus ou inconnus pratique plutôt l’humour. C’est en fait ce que je préfère : mettre des commentaires acerbes, en recevoir. C’est du ping-pong. C’est un jeu parfois très drôle.

UNE COMMUNICATION QUI N’ENGAGE À RIEN

C’est un jeu mais aussi une forme de communication, superficielle, anodine qui entretient un contact ténu entre des individus. Il y a des gens à qui on n’aurait pas jugé indispensable de téléphoner, encore moins de voir « en vrai ». Mais on a des nouvelles, souvent très vagues et anecdotiques, grâce à quatre mots sur Facebook. C’est minimal et rassurant. Ça n’engage à rien. Il n’y a pas d’effort, pas d’implication personnelle forte.

JE NE SUIS PAS MORT, JE SUIS SUR FACEBOOK

Finalement, Facebook, c’est une manière de dire rapidement et régulièrement à une large liste d’amis réels ou fictifs : « j’existe, je fais des trucs, j’ai un petit commentaire à placer sur l’actualité, un jeu de mot à balancer. » Bref, Facebook, ça sert à dire : « je ne suis pas mort même si vous ne me parlez pas et si je ne vous parle pas non plus.»

mardi 28 septembre 2010

Obama, this is the end


Nous aimons toujours brûler ce que nous avons adoré. Sarkozy, on l’a furtivement aimé, mais vite délaissé, comme une poupée cassée.

Mais regardez Obama ! L’icône black à la Maison Blanche ! Que de bonnes consciences rassasiées, que de larmes de joie versées... Martin Luther King vengé, l’Amérique comme on en rêve.

Et puis finalement, ça se résume à quoi, Obama ? A un Jimmy Carter en plus photogénique, un séduisant orateur de préau que plus personne n’écoute. Obama est juste un politicien américain dans la moyenne habituelle. Moins brillant finalement que Bill Clinton.

Obama va se prendre une grosse raclée en Novembre dans les élections du mid-term. Il ne va plus pouvoir gouverner (mais gouvernait-il encore ?) face à un Congrès hostile.

Il terminera son mandat en canard boiteux. Lame duck. The first black lame duck. Obama is History, already.

lundi 27 septembre 2010

Dans l'affaire Bettencourt, ne cherchez pas les femmes.


Dans l’affaire Bettencourt, oubliez les femmes. Cherchez les hommes.

Liliane Bettencourt a été très divertie par François-Marie Banier. Cet homme est très drôle. Mais la clé de l’histoire n’a jamais été révélée : François-Marie Banier a beaucoup fait rire Liliane mais il davantage réjoui André Bettencourt.

Le tabou de l'homosexualité de François-Marie Banier et du lien qu'il entretenait avec André Bettencourt, l'époux de Lilianne, n'est que très rarement mentionné dans les nombreux articles de presse qui parlent du sujet.

L'histoire aurait pu se résumer d'une manière simple : une veuve, milliardaire, lègue une grosse partie de sa fortune à un ami (ou à son amant) et sa fille, héritière naturelle, fait tout ce qui est possible pour démontrer que sa mère n'a plus tous ses moyens et est manipulée par un gigolo.

L'histoire aurait même pu être un peu plus sophistiquée si la fille avait essayé de prouver que son concurrent testamentaire faisait chanter sa mère. Dans le rôle de la veuve, Liliane Bettencourt, dans celui de l'ami, François-Marie Banier et dans celui de la fille, Françoise Meyers-Bettencourt.

Pourtant, une version est plutôt occultée et fait parler les journalistes en off, sans qu'aucun ne ponde de papier là-dessus, de peur de faire de la "mauvaise publicité" à l'homosexualité.

Un journaliste de la rédaction du Point disait néanmoins : "c'est très délicat de tisser des liens officiels entre argent, pouvoir, réseau et homosexualité. On risque gros en terme d'image car les associations vont nous tomber dessus, et en terme judiciaire, car dire qu'un mort connu comme hétéro était homo, c'est s'attirer les foudres de la famille qui iront porter plainte à coup sûr".

En effet, l'autre version de l'affaire Bettencourt, c'est que François-Marie Banier ne soit pas tant que ça lié à Liliane Bettencourt, bien qu'un peu quand même, le temps les rapprochant, mais l'ait été beaucoup plus à André Bettencourt, dont il fut l'amant pendant de longues années. Liliane le savait, comme le tout Paris, et l'acceptait. Ça valait bien quelques milliards, non ?

Du coup, André Bettencourt qui avait fait accepter à Liliane son homosexualité et ne lui avait pas caché son amant, François-Marie Banier, avait aussi souhaité que ce dernier soit l'un des principaux héritiers de la fortune qu'il avait construite avec le groupe L'Oréal. Et c'est naturellement un choix qu'a respecté Liliane, qui se faisait aussi "divertir" (selon ses mots) par l'ex-amant de son mari.

Le problème, c'est que ou sa fille n'était pas au courant, et l'a un peu mauvaise… ou bien sa fille jouant sur la non-officialité de la relation entre son père et cet homme tente de décrédibiliser la donation avoisinant le milliard d'euros qui lui échappe en partant vers les comptes bancaires de M. Banier.

Si les choses avaient été dites aussi simplement, nous n'en serions pas où nous en sommes.

dimanche 26 septembre 2010

Les élections, et après ?


Comment ne pas être sidéré par la désinvolture des dirigeants politiques français ? La crise perdure, le chômage pèse et la croissance crachote. Rien dans le paysage économique et social n’est encourageant : notre industrie agonise, nos exportations sont en peau de chagrin et nos déficits publics se creusent dangereusement.

Et de quoi parle-t-on dans les partis pouvant assumer la charge du pouvoir ? Cherche-t-on des solutions ? Echafaude-t-on un programme courageux et mobilisateur ? Non, on préfère se focaliser sur les batailles de succession, sur le partage des postes et des titres.

Le Parti Socialiste, sous couvert d’unité factice, a commencé l’interminable danse du scalp qui va déboucher sur la désignation du candidat ou de la candidate à l’élection présidentielle de 2012.

A droite, l’UMP ne pense plus qu’à une chose : le fauteuil de Matignon et le remaniement gouvernemental imminent. Jean-François Copé et Xavier Bertrand se crêpent le chignon en public. Borloo se met dare-dare à l’Evian en convoitant le poste que Fillon pourrait être contraint de quitter. Michèle Alliot-Marie se trémousse en désespoir de cause. Eric Woerth promène sa mélancolie d’animal estourbi par les relents des parfums l’Oréal.

Et qui s’occupe de redresser le pays ? Le président, déconsidéré, s’acharne sur quelques milliers de pauvres Roms, comme s’ils étaient à l’origine de notre infortune.

Personne n’a la légitimité ou le talent politique pour expliquer la nécessaire réforme des retraites, incompréhensible pour une opinion publique dégoûtée par les prébendes et le jeu sordide des ambitions personnelles.

Pendant ce temps-là, l’Allemagne travaille et se redresse, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale, même l’Afrique semble sortir de l’ornière.

La France, elle, se recroqueville. Elle vocifère à Bruxelles faute de pouvoir présenter un projet novateur et courageux.

La classe politique, de droite comme de gauche, a déjà toute son énergie siphonnée par l’échéance présidentielle de 2012. En France, on ne gouverne pas. On fait campagne et on se fait élire (ou on se fait battre). Et ensuite, on prépare les élections suivantes.

samedi 25 septembre 2010

J'AIME/JE N'AIME PAS - liste provisoire

JE N’AIME PAS

1. Les dessins animés

2. La bande dessinée

3. Serge Gainsbourg

4. Josiane Balasko

5. La télévision

6. Paris

7. Les films français (à quelques rares exceptions près)

8. La techno parade

9. La gay pride

10. Les poussettes sur les trottoirs

11. Les enfants mal élevés

12. Les musiciens ringards qui s’imposent dans les rames de métro

13. La folie sécuritaire dans les aéroports

14. Noël et les fêtes de fin d’année en général

15. La vanité française

16. Les cuistres et les bavards

17. Les serveurs au restaurant qui disent entre deux plats : « bonne continuation »

18. La nostalgie

19. La vulgarité et, par conséquent, le football d’aujourd’hui

20. Les inconstants

J’AIME

1. Orson Welles

2. Mika

3. The Beatles

4. Mozart

5. Les villes inconnues

6. Les chambres d’hôtel

7. Les Montagnes Rocheuses aux Etats-Unis

8. New York

9. Les polars islandais

10. Déjeuner ou dîner seul au restaurant

11. M’asseoir au premier rang au cinéma

12. Les papeteries et les magasins de fourniture de bureau

13. Les longs voyages en train

14. La cuisine japonaise

15. Guillaume Apollinaire

16. Le Costa Rica

17. Les vendeurs ou vendeuses qui disent : « Bonjour, merci, au revoir »

18. Les rencontres fortuites

19. Les amitiés durables

20. Dormir

vendredi 24 septembre 2010

Monobruni, Carlanoprix


Le pire à Monoprix, c'est quand ils diffusent en douce sur la sono du magasin (comme ce soir dans le mien) une chanson langoureuse de Carla Bruni.
Les gens n'achètent plus rien, les caisses sont figées.
Ce n'est pas politique.
C'est juste que la chanteuse vous plonge en catalepsie.

jeudi 23 septembre 2010

Louis, l'enfant prêtre...


Il ne le sait pas encore mais,

en 2029, Louis terminera son séminaire

et mariera vos petits-enfants.

Grâce à vous.

Léguez à l’Eglise catholique

Parlez-en à votre curé ou contactez votre évêché.

www.legs.catholique.fr

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C’est le texte de cette pleine page de publicité que je découvre dans « Télérama », l’organe central des cathos de gauche.

Regardez la frimousse de ce gamin aux yeux bleus. Il se prénomme Louis ! (non, pas Kevin ! mais Louis comme l’un des rejetons Sarkozy). On lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Et justement, sans qu’il ait eu le temps de se confesser, ce gamin se retrouve ordonné prêtre. « Il ne le sait pas encore », dit le texte.

On a beaucoup reproché à d’autres religions (l’Islam notamment) les pressions qu’elles exercent, l’embrigadement, l’endoctrinement. Or ce petit garçon se trouve prédestiné à entrer dans les ordres sans pouvoir exprimer son libre arbitre. Il est même prévu, selon le texte de cette pub, qu’il mariera nos petits-enfants. Cela laisse supposer que nos petits-enfants se marieront encore devant monsieur le curé. Rien n’est moins sûr.

Il est probable que l’enfant de la photo ne soit pas un vrai chérubin de sacristie mais plus laïquement un modèle choisi sur catalogue et qui a posé à la demande d’une agence de pub. Il ne deviendra jamais prêtre. Il sera peut-être chef d’entreprise sans scrupules, gangster, antiquaire pacsé, agent secret ou terroriste. Et il rira beaucoup, devenu adulte, en retrouvant au fond d’un tiroir la photo chiffonnée de son visage angélique faisant la retape pour le denier du culte.

mercredi 22 septembre 2010

A propos des chanteurs morts qui chantent encore


En France, les chanteurs les plus populaires sont généralement morts. Ou presque morts (Aznavour, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, etc).

Depuis quelques jours, le fantôme du crooner polono-israélien d’expression française Mike Brant vient hanter un théâtre du boulevard de Strasbourg, à la faveur d’une comédie musicale hagiographique écrite par son frère.

Un malheur n’arrive jamais seul. Depuis plusieurs mois, un spectacle est offert en tournée dans toute la France : « Il était une fois Joe Dassin ».

Mais je suis toujours spécialement admiratif de Daniel Balavoine. Voilà un chanteur qui a connu une carrière très courte : huit ans à peine entre le tube qui le révéla en 1978 (« Le Chanteur ») et son accident fatal dans un hélicoptère au Mali en 1986. La carrière posthume de Balavoine est déjà trois fois plus longue que celle de son vivant. Il suffit d’écouter à n’importe quel moment la bande FM : il y a toujours quelque part une scie de Balavoine. Et je crains que ce ne soit pas fini de sitôt.

On pourrait en dire autant de Michel Berger. D’outre-tombe, lui aussi continue d’envahir l’espace hertzien.

Balavoine forever, Joe Dassin pour toujours, Michel Berger jusqu’à plus soif, Mike Brant jusqu’à l’éternité.

C’est notre destin cryogénique, celui d’un pays nappé de naphtaline.

mardi 21 septembre 2010

Faut pas pousser


La procréation est-elle une variable du code de la route ? Pour d'impérieuses raisons liées à la sécurité publique, il va bientôt falloir créer sur les trottoirs des villes de France des corridors dédiés aux poussettes charriant des mouflets en bas âge.
Ces engins métalliques, pourvus de roulettes et bardés d’aspérités contondantes, sont en réalité des véhicules de guerre destinés à pourfendre au hasard la foule arrivant en contresens.
Les manipulateurs de poussette (souvent des femmes, parfois des hommes genre papa-bio-écolo-commerce-équitable) estiment qu'ils détiennent un droit de passage prioritaire conféré par l’existence de leur marmaille emmitouflée dans le réceptacle à rejeton humain.
Gare à vous si vous avez le malheur de vous trouver dans la trajectoire d’une poussette chargée d’un chérubin et propulsée sans discernement par un géniteur sûr de son bon droit et dominateur !
Rappelons à ces heureux parents qu’ils disposent déjà, grâce à leur progéniture, d’avantages substantiels : réduction d’impôts et allocations familiales.
La femme stérile, la veille fille, l’eunuque ou le célibataire acariâtre (cherchez dans quelle catégorie je me situe) n’ont pas accès à ces privilèges natalistes. Au contraire, en tant qu’êtres solitaires, ils sont lourdement taxés et déconsidérés par une société qui porte aux nues les reproducteurs de l’espèce.
Laissez donc au moins à ces parias que sont les hommes et les femmes sans enfant la liberté de circuler à pied sans courir le risque d’être broyés ou estropiés par une agressive poussette.
«Vous n’aimez pas les enfants ?» me demande-t-on parfois dans le train quand je proteste après avoir subi pendant trop longtemps dans mon voisinage immédiat les criaillements d’un groupe de sales gosses accompagnés de parents amorphes. Je réponds souvent : «Non, je n’aime pas les enfants, surtout ceux des autres.»

vendredi 17 septembre 2010

Faisons le compte.


Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont désigné à la vindicte publique les Roms comme un groupe criminogène et indésirable. Brice Hortefeux a affirmé que les infractions à la loi étaient beaucoup plus fréquentes chez les Roms que dans le reste de la population.

Comment le sait-il ? Son affirmation semble gratuite ou purement empirique car la législation française empêche le recours au comptage ethnique. Cette méthode est rejetée avec vigueur –surtout par la gauche- au nom de principes angélistes et sous prétexte qu’il faut éviter de réintroduire les nomenclatures ayant permis jadis les rafles et les déportations. Fort bien.

En attendant la France du XXIème siècle ne dispose d’aucune données chiffrées sur les difficultés rencontrées par tel ou tel segment de sa population. Echec scolaire, chômage, insertion, criminalité, ces phénomènes existent mais il est interdit de les mesurer à la lumière des origines géographiques, culturelles ou ethniques des individus concernés. Cela serait pourtant une clé décisive, une manière de cerner les problèmes et d’y apporter des solutions modulées et efficaces.

Cela se fait, avec succès et depuis longtemps, dans de nombreux pays démocratiques où, pour corriger les inégalités et combattre les discriminations, on procède à des enquêtes statistiques précises et régulières. C’est le cas en particulier au Royaume Uni qui n’est pas vraiment une dictature.

Mais en France, en vertu d’on ne sait quelle sacro-sainte vérité républicaine unanimiste, il n’y a pas de blancs, pas de noirs, pas d’asiatiques, pas d’arabes. Ces catégories n’existent pas.

Il est donc interdit de dire par exemple que la population noire d’origine africaine est celle qui rencontre chez nous les plus grandes difficultés d’intégration. Les travailleurs sociaux le vivent au quotidien, les policiers peuvent en témoigner tout comme les fonctionnaires de la Justice.

Un chercheur du CNRS vient à ce sujet de faire paraître une étude qu’il a réalisée pendant 8 ans dans 25 villes (« Le Déni des cultures » - éditions du Seuil). Il a suivi le parcours de plusieurs milliers d’adolescents dans ces quartiers. Ce sociologue, Hugues Lagrange, fait un constat assez limpide : il y a, parmi les « mis en cause » dans les procès-verbaux de police judiciaire (antérieurement à toute décision judiciaire donc, sachant qu'une personne suspectée est présumée innocente), une surreprésentation de jeunes personnes issues de l'Afrique sahélienne. En plus de l'influence de l'origine sociale, il estime que des différences culturelles expliquent cette situation. Selon lui, les familles de ces jeunes « mis en cause » sont en difficulté financière, sans formation et avec une appréhension très limitée de la culture du pays d'accueil.

Ce sociologue met en relief une réalité qui échappe totalement à toute approche cohérente et raisonnée de la part des pouvoirs public. Il est illégal de vouloir quantifier ces phénomènes. L’étude de Lagrange montre pourtant de manière criante que les jeunes issus de l’Afrique sahélienne vivant en France sont infiniment moins socialisés et beaucoup plus impliqués dans la délinquance que les jeunes français ayant des origines, plus ou moins anciennes, en Afrique du Nord et, a fortiori, que les jeunes français dont les familles sont installées sur le territoire depuis plus longtemps encore.

Hier soir, le magazine « Envoyé Spécial » sur France 2 diffusait un long reportage sur les rivalités entre bandes dans le 13ème arrondissement de Paris. Les membres de ces bandes, vivant dans Paris intra-muros, étaient tous des jeunes originaires d’Afrique sub-saharienne. Pas un seul maghrébin et pas un seul asiatique, même si nous sommes dans le 13ème !

Ne croyez-vous pas qu’il serait utile d’établir des statistiques fiables sur l’origine de toutes les populations vivant en France afin d’évaluer les besoins spécifiques et d’échafauder des solutions pour celles qui sont le plus en difficulté ?

Dans les administrations, il est notoire que les noirs (Antillais ou d’origine africaine) sont nombreux dans les postes subalternes et quasiment absents dans les échelons supérieurs. On le sait, on le devine mais aucune donnée objective ne permet de l’affirmer s’il agissait d’établir un meilleur équilibre.

Avant de lancer un chantier, il faut en mesurer l’ampleur et les contours. Ou alors, préfère-t-on continuer à se voiler la face, à travailler dans le flou, sans résultat mais avec bonne conscience ?

mercredi 15 septembre 2010

Mourir pour le Luxembourg


Nicolas Sarkozy a trouvé un ennemi à sa taille : le Luxembourg. Le président français, par ailleurs co-prince d’Andorre, se prépare à déclarer la guerre au Grand-Duché.

Tout est parti des déclarations de Viviane Reding, une Luxembourgeoise, commissaire européenne à la Justice. Celle-ci dénonce la politique française à l’égard des Roms et la compare aux déportations pratiquées par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale. Viviane Reding menace même la France de poursuites en justice pour non respect de la législation de l'Union européenne.

Silvio Berlusconi est l’un des rares à prendre la défense de la France en affirmant que Mme Reding aurait mieux fait de s’exprimer en privé face aux dirigeants français. Mais la chancelière allemande Angela Merkel (qui a un regard plus précis sur les déportations) soutient la position défendue par Viviane Reding.

Recroquevillé dans son palais parisien, Nicolas Sarkozy a pris la mouche. Il est terriblement vexé. Il juge « scandaleux » la parallèle établi par Mme Reding entre la politique française à l’égard des Roms et les déportations nazies.

Le président déjeunait ce mercredi avec quelques sénateurs UMP. Entre la poire et le fromage, avec son tact habituel, il a lancé : « Si les Luxembourgeois veulent prendre les Roms, il n’y a aucun problème ! »

Cette délicatesse française a ébranlé le Grand-Duché qui n’est guère habitué à des attaques aussi frontales de son voisin. Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères dont nous apprenons l’existence à la faveur de ce coup de tonnerre transfrontalier, a jugé la déclaration de Nicolas Sarkozy "malveillante".

Sommes-nous donc à l’aube d’un conflit militaire avec le Luxembourg ? Le remède est connu. Rien de tel qu’une bonne petite guerre pour faire oublier tout ce qui ne va pas : la réforme chaotique des retraites, les sondages en vrille, les atteintes à la liberté de la presse, les grenouillages nauséabonds de l’affaire Woerth-Bettencourt, sans compter les méchancetés qui se disent sur le piètre talent d’actrice de la première dame devant la caméra de Woody Allen.

Bref, Nicolas Sarkozy n’a plus qu’une seule solution pour faire diversion : attaquer le Luxembourg. Je parle ici d’une attaque militaire. Hervé Morin, ministre de la défense, avec son air centriste de ne pas y toucher va devoir enfin bosser.

On aurait tort de ricaner. Le Luxembourg est une grande puissance. Ce pays compte tout de même 502 500 habitants, c’est-à-dire un quart de la population de Paris intra-muros. C’est considérable. Les forces armées luxembourgeoises sont fortes de 3000 hommes. Pas de marine, pas d’aviation, uniquement une armée de terre.

Nous sommes presque à armes égales. La France a un semblant de marine mais un seul et unique porte-avion toujours en panne. Et la marine, pour affronter le Luxembourg, c’est assez secondaire. Quant à l’aviation, nous en avons une, à la différence du Luxembourg. Mais avec les grèves constantes des contrôleurs aériens, les Luxembourgeois ne craignent rien du côté du ciel.

Ainsi donc, les données stratégiques du conflit imminent sont posées. Les jeunes Français iront-ils mourir pour laver l’honneur de la Patrie, flétri par la ‘hyène luxembourgeoise’ ? J’utilise ici par avance le vocabulaire de la propagande belliciste, toujours prompte à se manifester.

Tout se joue demain à Bruxelles à l’occasion d’un conseil européen. Si Nicolas Sarkozy arrive coiffé du bicorne napoléonien, sabre au clair, il faut s’attendre à des journées sanglantes sur le front luxembourgeois. Nous, peuple français, sommes-nous prêts pour ce sacrifice ? C’est la der des der. Nous châtierons le luxembourgeois comme nous avons châtié... Comme nous avons châtié qui, déjà ?

mardi 14 septembre 2010

"Imperial Bedrooms" - Bret Easton Ellis


C’est finalement un petit livre pas très épais, un peu plus de 200 pages. J’ai failli le lâcher en arrivant à la page 18. Vous savez ce que c’est, un livre dans lequel on n’arrive pas à entrer. On ne s’y sent pas bien. On trouve tout inintéressant : toutes ces histoires ressassées d’Hollywood, de drogue, d’alcool, de producteurs, de scénaristes et d’actrices qui couchaillent un peu ensemble.

J’ai laissé reposer le bouquin quelques jours et puis je l’ai repris. Et je m’y suis finalement laissé prendre. Toujours mal à l’aise car ce n’est pas un récit confortable. « Imperial Bedrooms » de Bret Easton Ellis (traduit chez Robert Laffont sous le titre « Suites Impériales ») est une boule d’angoisse, comme une nuit poisseuse après une soirée trop arrosée dans des draps défaits. Les connaisseurs remarqueront que le titre est emprunté à un album de 1982 d’Elvis Costello, cité dans l’ouvrage.

On retrouve Clay, personnage du tout premier livre de Bret Easton Ellis (« Less than zéro »). Clay n’est plus l’étudiant déjanté que nous avions découvert il y a 25 ans. Il est devenu un scénariste quadragénaire qui revient à Los Angeles après un long séjour à New York. On replonge fatalement dans les entrelacs des voies rapides qui sillonnent la cité californienne. On va d’une fête à l’autre, d’une cuite à la suivante, d’une jeune actrice facile à une ex-maîtresse.

Tout cela serait vain et répétitif si Bret Easton Ellis ne parvenait, comme à chaque fois, à introduire une menace au-dessus de cet univers factice. On a vu le résultat glaçant dans « American Psycho » et aussi, d’une manière plus personnelle dans son auto-fiction « Lunar Park ».

En réalité, il est temps de le révéler : Bret Easton Ellis ne nous parle jamais d’Hollywood et de ses travers. Ce n’est qu’un prétexte, un simple décor sans importance. Les tout premiers mots de « Suites Impériales » donnent une indication éclairante : « Ils avaient fait un film sur nous. » Les personnages du roman sont dans un film et Los Angeles est un plateau de tournage permanent. Il n’y a plus de différence entre les personnages réels et les personnages transposés dans la fiction. Tout se mélange, tout est vrai, tout est faux. En cela, Hollywood et ses villas manucurées, ses restaurants clinquants, ses soirées lascives constituent l’écrin idéal de cette absurdité.

Dans l’affolement permanent généré par ce miroir aux alouettes, il y a surtout des individus totalement paumés, pétrifiés comme des lapins pris dans des phares de voiture. « Suites Impériales » est un livre parcouru par la peur. Bret Easton Ellis pour nous donner un semblant de repère introduit une sorte de suspense policier à la Chandler. Mais c’est un leurre. Il y a des assassins, des poursuites, des guet-apens. Mais l’enquête n’aboutit jamais. Les meurtriers rôderont toujours et les proies (dont le personnage central, Clay) ne quittent jamais la zone obscure d’un danger indéfini et lancinant.

En lisant ce nouveau livre de Bret Easton Ellis, j’ai bizarrement pensé à « la Comédie Humaine » de Balzac. Imaginez Rastignac ou Rubempré déplacés des méandres politico-mondains du Paris du XIXème siècle vers les palmiers et les piscines bleutées de Beverly Hills. La solitude est la même, la détresse a juste changé de latitude et de costume.

lundi 13 septembre 2010

La nécrologie rend fou


Il y a dizaine de jours, disparaissait le réalisateur Alain Corneau. C’était un honnête faiseur du cinéma français. Dans la torpeur de l’été finissant, il est devenu soudain pour les médias hexagonaux un géant du septième art. C’est évidemment faux. Les longs métrages qu’ils nous a laissés sont regardables mais n’ont rien apporté de majeur au cinéma.

Le dithyrambe a été chanté encore plus fort hier à l’occasion de la mort de Claude Chabrol. Il y avait chez Chabrol, par rapport à Corneau, une dimension humaine fort sympathique. Le personnage était truculent, bon vivant, drôle et cultivé. Mais il ne laisse pas non plus une œuvre exceptionnelle.

Chabrol a privilégié la quantité sur la qualité. Il a enchainé avec gloutonnerie une grande série de films bâclés. Il le reconnaissait lui-même. On doit néanmoins lui reconnaître un certain savoir-faire dans ses peintures noirâtres des turpitudes provinciales (« Que la bête meure », « Le Boucher », par exemple). Chabrol a aussi été un pionnier de la « Nouvelle Vague » avec « Le Beau Serge » (1959). Cinquante ans plus tard, je vous mets au défi de regarder sans bailler cette oeuvrette naïve et terriblement datée. Ce film, avec les premiers Godard et les premiers Lelouch, a néanmoins lancé le mouvement dont on pouvait espérer qu’il dépoussièrerait le cinéma français.

Rien de tout cela n’est arrivé. Godard a sombré dans le maniérisme élitiste, Lelouch dans la guimauve et Chabrol, grand pourfendeur comme ses petits camarades du cinéma académique de l’après-guerre, est rentré dans le rang. Chabrol est devenu une sorte de Denys de la Patellière.

Chabrol était un cinéaste paresseux. J’ai regardé attentivement son film « L’Ivresse du pouvoir » que France 2 rediffusait hier soir pour lui rendre hommage. C’est d’une platitude infinie ! Le rythme est lent, la construction est répétitive, le découpage sans relief, aucun sens de l’ellipse. Isabelle Huppert, l’actrice principale, est livrée à elle-même. Faute d’être dirigée, elle nous livre son numéro habituel, rigide et monocorde. Huppert fait du Huppert, qu’elle incarne une juge d’instruction ou madame Bovary, autre pensum de Chabrol.

Bon, on est triste, parce que Chabrol était marrant, qu’il faisait un bon invité à la télé. Il parlait beaucoup mieux du cinéma qu’il n’en faisait lui-même. Mais, pour la nécrologie, restons mesuré. La France n’a pas perdu son John Ford, son Capra, son Fellini. Elle a juste perdu Chabrol.

samedi 11 septembre 2010

9/11, ça suffit !


C’est épuisant ce pathos annuel autour des célébrations du 11 septembre 2001. On ne peut pas m’accuser de ne pas aimer les Américains. Mais dès qu’ils ont une écorchure, neuf ans plus tard, ils pleurnichent encore.
De quoi s’agit-il ? Un mardi matin avec un grand ciel bleu au dessus de New York, tout est paisible, tout est normal. Et puis soudain, rien n’est plus normal. Deux avions détournés s’écrasent sur chacune des deux tours du World Trade Center. Au passage, c’était moche, le World Trade Center et sa destruction est plutôt un bienfait architectural.
Au même moment ou presque, un autre avion se vautre en Pennsylvanie et un quatrième érafle le Pentagone à Washington.
Bilan total : 2995 morts dont les 19 terroristes. Bilan politique : énorme succès de Ben Laden dont les hommes, avec quelques lames de rasoir, ont occis les pilotes. Autre conséquence : une trouille bleue de l’Amérique qui n’avait pas été attaquée sur son territoire depuis 1941, depuis l’attaque sur la base navale de Pearl Harbor qui avait fait à peu près le même nombre de victimes : environ 2500 morts.
Les Etats-Unis sont un pays fragile et adolescent. Le 11 septembre 2001 n’est pas un tournant historique. La chute du mur de Berlin, dans notre histoire récente, l’est bien davantage.
Voulez-vous entendre parler de pays meurtris ?
Hiroshima (bombe américaine) : 250.000 morts japonais.
Débarquement anglo-américain en juin 1944 en Normandie : 50.000 civils français tués.
Ça fait combien de 11 septembre, tout ça ?

Il se passe des choses incroyables...


  • Il aura fallu attendre qu’un président français soit d’origine hongroise pour que s’organise dans notre pays la chasse aux Tziganes. Drôle de rhapsodie.
  • Fidel Castro doute du castrisme. Dans une interview à une revue américaine, le vieux guérillero regrette d’être entré dans le jeu des Soviétiques au moment de la crise des missiles de 1962, il concède que le modèle communiste n’a jamais bien fonctionné à Cuba, il regrette la chasse aux homosexuels que son régime avait orchestrée. Vous allez voir qu’un jour Jacques Chirac va regretter d’avoir parlé de la «fracture sociale».
  • Ségolène Royal a enfin trouvé un moyen de me faire voter pour elle en 2012. Elle promet de rétablir la retraite à 60 ans. C’est une idée absurde et suicidaire, aussi stupide que la semaine de 35 heures,. C’est dans la veine du socialisme français pur jus. Mais je m’en fiche car, en 2012, j’aurai presque 60 ans. Je suis prêt à vendre mon âme au diable (ou à la diablesse) pour un plat de lentilles. Mes scrupules pèsent peu par rapport à plusieurs trimestres de validation...
  • Les rendez-vous avec des invités à la radio et à la télé se multiplient à l’infini. Tous les jours, il y au moins cinquante ‘cases ‘ à remplir sur les principales chaines. En réalité, en France, il n’y a qu’une centaine de personnes vraiment dignes d’être invitées à parler devant un micro et une caméra. C’est la raison pour laquelle, un jour sur deux, on voit ou on entend Alain Minc.
  • Toujours à propos de télé, je repense à cette chanson déjà ancienne (1990) de Bruce Springsteen : ‘Fifty-seven channels and nothin' on’ (57 chaînes et rien à regarder). Je dispose actuellement de plus de 200 chaînes de télé, quatre fois plus que Bruce Springsteen il y a 20 ans. Il n’y a (presque) toujours rien à regarder à la télé. Faute de mieux, je privilégie les explorations cocasses et exotiques. Sur mon ‘bouquet’ de chaînes (appréciez la métaphore florale), je me délecte en regardant les émissions en langue française de la télévision chinoise d’Etat. CCTV (c’est le nom de l’énorme groupe de la télé chinoise contrôlé par le parti communiste) propose en effet un programme en français, 24 heures sur 24. On y trouve des émissions culturelles, des documentaires et des journaux télévisés. Les présentateurs (français de souche) ne sont pas plus médiocres que Pujudas. Ils enchaînent les sujets édifiants sur les réussites de la Chine et sa société apaisée. C’est France 2 en un peu plus rigide. Je voudrais tant en savoir davantage sur la vie de ces quelques français exilés à Pékin qui fabriquent cette chaîne de télé dans un coin obscur du conglomérat CCTV pour un auditoire probablement minuscule. Mais j’en fais partie ! Continuez ! Cela me rappelle quand j’écoutais dans les années 60 les émissions en français de Radio-Tirana !
  • Eric Woerth a reçu par la poste à sa mairie de Chantilly une balle de carabine de petit calibre. Une seule balle ? Et de petit calibre ! Ce n’est donc pas encore le peloton d’exécution. Bon week-end, Monsieur le Ministre...

vendredi 10 septembre 2010

Perfide Albion



Cocorico ! Nicolas Sarkozy fait la « une » de « The Economist » !

Soyons précis, les talonnettes du président figurent sur la couverture de cet hebdomadaire. Après avoir réduit en cendres Jeanne d’Arc, ces maudits Anglais ont osé rétrécir le chef de l’Etat français (« Le président qui rétrécit de manière incroyable », c’est le titre).

Il ne reste plus grand chose de notre président, surtout par rapport à Carla, grande, élancée et intacte. On n’a pas encore coupé la tête de l’Italienne comme on avait coupé la tête de Marie-Antoinette, l’Autrichienne !

Sarkozy disparaît presque totalement sous un chapeau qui semble emprunté à Napoléon. Les Anglais avaient réservé à l’Empereur (également de taille modeste) un sort encore plus cruel...

« The Economist » est probablement l’un des meilleurs magazines publiés dans le monde. C’est un hebdomadaire britannique largement diffusé dans les pays anglo-saxons. Contrairement à ce qu’annonce le titre, les sujets traités dépassent largement l’économie : politique, social, culture, sports. Les articles, très denses et informés, sont écrits dans un style incisif. Grande originalité : les journalistes de « The Economist » sont tous anonymes. Aucune signature nulle part. La question de l’ego, toujours exacerbée dans une rédaction, est réglée.

L’influence de « The Economist » est grande dans les milieux d’affaires et auprès des dirigeants politiques de toute la planète. Une couverture ravageuse dirigée contre la France comme celle de cette semaine fait des dégâts que toute la propagande déversée à l’étranger dans l’indifférence générale par « France 24 » ne pourra jamais réparer.

Cette semaine donc, « The Economist » fait le bilan de l’action de Nicolas Sarkozy depuis trois ans. C’est dévastateur : échec économique, crise sociale autour des retraites, insécurité et magouilles politico-financières.

Pour bien juger le réquisitoire de l’hebdo britannique, il faut savoir que ce même journal avait souhaité l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée en 2007. Il incarnait, selon la couverture d'avril 2007 "la chance de la France".

(Remarquez que c'est le même chapeau napoléonien...)

« The Economist » n’est pas un brûlot gauchiste. C’est un journal « libéral », au sens français du terme : pour la libre entreprise, la libre circulation des marchandises, moins d’état, moins de charges, non au protectionnisme. Et justement, le magazine d’outre-Manche est très frustré en constatant que Sarkozy n’a pas du tout appliqué le crédo « libéral » qu’il a brandi pour se faire élire.

Sarkozy, l’homme qui déçoit tout le monde : les siens, la gauche mais aussi les « libéraux » anglo-saxons !

Pour consoler le président français qui déteste qu’on fasse la moindre allusion à ses mensurations, surtout dans le sens de la hauteur, il faut préciser que l’expression « the incredible shrinking... » est un cliché journalistique largement utilisé dans la presse de langue anglaise. L’expression vient du titre d’un film américain de 1957 : « The incredible shrinking man » dont le personnage principal rétrécissait à vue d’œil et finissait par se battre avec des mouches géantes.

Pour Sarkozy, « The Economist » n’a pas oublié dans le titre l’accent, à la française, sur le mot « président ». Mais sans accent, en anglais, on trouve de nombreuses utilisations par la presse de l’expression : « the incredible shrinking president ». C’était le titre d’un édito de « Time magazine » en juillet 1982 à propos du président Bush (le père). Son fils, quelques années plus tard, a eu droit à la même expression sarcastique. Bill Clinton (sous la plume de son ex-ami Dick Morris) a également été accusé de rétrécissement politique. Et, actuellement, c’est Barack Obama qui est très souvent présenté comme un « shrinking president ».

Il n’empêche que si Obama rétrécit au même rythme que Sarkozy, c’est quand même Sarkozy qui disparaitra le premier. Obama a un peu de marge....